J'avais subi, comme toute ma classe de 3e, il y a fort longtemps, un test psychologique. Ce test avait pour but de déterminer de quel coté on penchait. Pas sexuellement, mais plutot pour l'orientation : littéraire ou scientifique (quoique...).
Mes résultats ont fait pencher la balance vers les lettres. Etonnant? Et cette remarque subtile, à la limite du conseil psychiatrique, qui était venu jusqu'à mes parents : "A tendance à se réfugier dans l'imaginaire pour affronter la réalité. Risque de renfermement sur soi". Sans blague?
Se réfugier dans l'imaginaire? Mais c'est une blague ou quoi? Qui ne le fait pas? Qui n'aime pas? Ok, je reconnais que chez moi c'est poussé à l'extreme. Mais il ne s'agit pas de regression. Je ne me complais pas dans l'enfance ou dans des choses vécues. Non, je transforme la réalité. Je l'extrapole continuellement. Comme une vision des choses, un "calque" qui viendrait se superposer perpetuellement à la vraie vie.
Bien sur que l'imaginaire est 100 fois plus (et encore plus) intéressant et enrichissant que la réalité. Cela nourrit, cela abreuve, cela fait grandir. Tout est source d'inspiration et depuis la goute d'eau sur la vitre jusqu'à ce personnage de roman, tout est à l'origine d'orgasmes imaginaires. Tout.
J'ai bien conscience que cela me coupe des autres, que cela me ralentit au quotidien faisant de moi un autiste à la limite et que cela me pousse à ne pas supporter la foule ou les discussions de groupe trop longtemps. Mais est-ce vraiment mal pour autant? J'en connais un qui dirait oui... Pourtant, pour avancer il faut se nourir : l'imagination est l'aliment principal de mon cerveau.
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