Je dis souvent dans ma tête "allez vous faire foutre!". Retenu par un voile de politesse exquise, un brin d'éducation bourgeoise, je ne le prononce presque jamais. Et pourtant...
A en croire mon copain, j'aurai tendance à devenir, au fil des jours, un ours mal léché, ne supportant pas la compagnie et se complaisant dans un mutisme solitaire sans borne.
Je me délecte avec plaisir de savoir que c'est ce que l'on peut penser de moi...
La clé principale de mon action est que je ne cours après rien. Enfin, rien qui ne soit considéré aujourd'hui comme "in", comme "moderne", comme "attrayant". Je ne recherche pas la gloire, pas la fortune, pas l'admiration des autres. Je ne suis l'esclave de rien de tout cela. Mes trésors sont ailleurs.
Alors, facilement, je ne fais pas d'effort pour aller vers l'autre. Sans doute une dose d'égoïsme, de froideur, de prétention motiveront cette attitude. Pourtant cela non plus ne participe pas de mon geste. Je ne trouve pas forcément échos en l'autre de ce qui pourrait retenir mon attention et par là même, me pousser à dévoiler des choses interessantes. J'ai souvent l'impression d'une part, qu'un rien vaudrait mieux qu'un simple échange de banalités et, d'autres parts, que je n'ai pas de choses si intéressantes à dire à l'autre que ça.
Je n'ai pas fait 36 fois le tour du monde et résidé dans les hotels les plus luxueux pour faire bronzer mon cul devant des mecs bavant de désirs.
Je n'ai pas 2 appartements aménagé selon les dernières tendances déco ultra-fashion qui rendraient jaloux les Karl Lagerfield les plus amaigris.
Je n'ai pas de voiture pour déambuler d'un bar à l'autre.
Je n'ai pas une bande de mecs sexy autour de moi et que trimballerai partout 24h/24h.
Je ne cherche pas à être dans le dernier endroit à la mode, à porter le vêtement qui se pose en Une, à muscler ce biceps de manière hypertrophiée, à sourire quand je n'en ai pas envie sans pour autant faire la gueule.
Tout cela ne m'interesse pas. Et partant de là, je ne fais pas d'effort. J'en ai assez fait par le passé. On m'a trop forcé, trop cassé pour me faire rentrer dans le moule.Dorénavant, je regarde bien dans les yeux et je dis "Va te faire foutre! Ca sera sans moi".
Je n'aurai pas la prétention de manquer à quiconque ni l'illusion de faire de la peine à quiconque, mais je ne vois pas pourquoi je devrai me coltiner à des personnes qui ne m'attirent pas ou ne m'interessent pas? Pourquoi cela? L'inconnu m'est redoutable et je ne peux l'appréhender qu'à me façon. De loin puis, après avoir fini de jouer les renards de princes petits, de plus près.
Une fois de plus, je préfère priviligégier ce qui me semble à mes yeux être la qualité à la quantité. Je n'enlève rien à personne et ne juge personne. Je demande, bien humblement, que l'on fasse pareil à mon égard.
Pour autant, ma caverne imaginaire n'est pas une tour de reclus et mon oeil est bien plus souvent aux aguêts des signes que personne ne semble voir. Je fais attention aux gestes, aux placements des corps, à tout ce qui n'est pas dit ou exprimé clairement. A mes yeux c'est bien là que résident les choses les plus révélatrices. Et ce sont ces choses là qui me meuvent, me touchent et me font échanger et réagir. Hélas, nous ne sommes pas dans une période très propice à ces observations où le temps se dilate... Au contraire! Le temps se rétracte, devenu tout sec à force de superficialité, de "j'aime" ou de commentaires lâchement déposés sur le net au détour d'un site.
Je veux bien être un ours, un loup, un mamouth, un "ce que l'on voudra me surnommer", du moment que l'on me foute la paix lorsque je souhaite être seul, je resterai cool. A bon entendeur...
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